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Entretien avec Françoise Naudet, co-organisatrice de la Rue du Made in France

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Françoise Naudet 

Portrait

Parlez-nous de votre parcours.

Je vais essayer d’être synthétique car je ne suis plus très jeune et mon parcours est donc assez long (rire). Je suis Françoise Heidet, de mon nom de jeune fille, et j’ai consacré l’essentiel de ma carrière dans l’univers du marketing et de la communication, en France et à l’international. Je suis sortie de Sup de Co en 1982, et mes premiers pas dans la vie active furent dans le domaine du sport, plus précisément du ski puisque j’ai travaillé successivement chez Dynastar et Salomon, dont je garde un excellent souvenir. Cette expérience m’a beaucoup influencé sur mon rapport au Made in France. Je fus effectivement témoin de la création d’une usine de fabrication très moderne à Rumilly, en Haute-Savoie, pour soutenir la production d’un nouveau modèle de ski que nous avions fièrement développé de A à Z. Une interlude dans le conseil en environnement m’a ensuite permis de me faire remarquer par la marque de vêtements outdoor Patagonia, en Californie, qui m’a recruté en tant que Directrice Marketing Produit Worldwide. À la fin de mon visa, je suis rentrée en France pour diriger la vente par correspondance pour Patagonia et le programme One Percent, qui vise à reverser 1% du chiffre d’affaires à des associations de défense de l’environnement. J’ai poursuivi dans cette voie associative en rejoignant plus tard une association bourguignonne des métiers de la pierre. Enfin, j’ai créé en 2013 l’agence Savoir-French pour accompagner les PME garantes du savoir-faire français sur leurs problématiques marketing, digitales et design.

 

Pourquoi avoir voué votre carrière au Marketing éthique ?

Mon expérience chez Salomon fut assurément un élément déclencheur.

J’ai été très touchée par la fermeture de l’usine en 2004, après quinze années d’existence, pour délocaliser la production en Roumanie. À l’époque de mes études, la Chine et les pays de l’Est étaient encore relativement fermés et ce n’est vraiment qu’au début des années 1990 que la fuite de nos industries s’est accélérée.

Yvan Chouinard, le fondateur de Patagonia, m’a également beaucoup inspiré. Il m’a prouvé qu’on pouvait concilier sens du business et conscience morale (Patagonia a pris la décision de produire ses vêtements en coton bio dès 1996, ndlr). Quand je travaillais dans leurs bureaux californiens, je parlais souvent d’ethical marketing auprès de mes collaborateurs.

 

Quelle est la démarche de La Rue du Made in France ?

Au-delà de valoriser le savoir-faire français et de célébrer une consommation plus éthique, nous souhaitons démontrer que le Made in France n’est pas forcément synonyme d'inaccessibilité financière. Vous trouverez ainsi dans nos boutiques éphémères des produits du quotidien à des prix abordables. Nous ne sommes pas sur de la création unique ni sur des biens de luxe.

 

Parlez-nous de l’origine du projet de La Rue du Made in France qui fête sa première édition.

L’idée provient d’un collectif de passionnés du Made in France qui oeuvrent au sein de la FIMIF* et de l’agence Made in Town. Ils avaient connaissance de la disponibilité des locaux Rue Vertbois pour monter des opérations temporaires. Ils ont donc contacté Virginie Millet, professionnel du marketing, et moi-même pour co-gérer cet événement. Nous avons la chance d'être accompagnés par une excellente agence de Relations Presse et d’être soutenus par Arnaud Montebourg, qui nous a fait l’honneur de sa présence lors de la journée inaugurale.

* Fédération Indépendante du Made In France

 

Le Made in France : un effet de mode, un instrument de com ou une réelle solution économique viable ?

Je suis persuadée qu’un virage radical est en train de s’opérer dans les habitudes de consommation. Beaucoup de nos visiteurs ont entendu parlé de La Rue du Made in France dans les médias et viennent témoigner leur envie de consommer local pour contribuer au sursaut de l’économie française. Jusqu’à présent, la difficulté était qu’ils n’avaient pas forcément conscience de l’offre.

Je suis récemment passée devant la devanture du BHV qui faisait la part belle à l’électroménager Made in France. Cela montre bien que la demande existe.

 

Jean-Laurent Cassaly a déclaré, dans Nouveaux Artisans *, que “l’artisan ressort comme le grand gagnant d’un monde qui change trop vite”. Quelle est votre vision de l’artisanat français ?

Je suis complètement d'accord avec l'assertion de Jean-Laurent Cassely. Aux Etats-Unis, ils appellent ça le phénomène des Makers. Il s’agit de personnes issues de métiers intellectuels qui se reconvertissent dans des métiers manuels, pour des raisons de valeurs ou d’aspirations personnelles.

Je crois beaucoup en l’intelligence de la main, pour reprendre les termes du prix Liliane Bettencourt. Je crois beaucoup en l’artisanat.

* Préface du livre Nouveaux Artisans de Magali Perruchini, aux éditions Eyrolles.

 

Que pensez-vous de l’avenir du textile en France ?

Je suis de nature optimiste, donc je suis convaincue du changement des mentalités. Il y’a une prise de conscience générale, des gens qui se bougent. Nous avons obtenu la présence du Jacquard Français sur La Rue du Made in France grâce à France Terre Textile. Mais je n’ignore pas pour autant les difficultés du secteur. Il y’a peut être la nécessité de voir éclore une nouvelle génération de patrons pour redynamiser les usines, y insuffler un vent de fraîcheur et d’inventivité.

 

L'interview sans filtre

 

Si vous étiez artisan, que feriez-vous ?

Ébéniste, pour le toucher du bois.

 

Plutôt bricoleuse ou cordon bleu ?

Cordon bleu.

 

Quelle est votre plat préféré ?

L’osso bucco (même si ce n’est pas français).

 

Avec quelle personnalité enfileriez-vous votre joli tablier Made in France pour cuisiner un Osso Bucco ?

Arnaud Montebourg.

 

On vous offre la possibilité de personnaliser son tablier à la fin de votre séance de cuisine, quel message brodez-vous ?

“Vive le made in France”

Je sais, ce n’est pas très original !

 

À qui ne prêteriez-vous jamais votre tablier ?

Marine Le Pen.

 

Le produit français qu’aucun autre pays ne fera (au grand jamais !) mieux que nous ?

La vaisselle. J’y vois le symbole de l’élégance et de l’art de vivre à la française.

 

Votre marque Made in France favorite ?

Tolix.

Ils fabriquent des chaises en métal colorées depuis le XIXème siècle.

Pour la petite histoire. la directrice de la comptabilité a relancé l'entreprise en 2004 qui était alors au bord de la liquidation.

 

Ce que vous préférez en France ? 

Les stations balnéaires.

Je pense notamment au Cap Ferret.

J’y aime beaucoup le style de vie.

 

Et ce que vous détestez ?

La saleté dans certaines grandes villes.

 

Un dernier message à transmettre à nos lecteurs à propos de La Rue du Made in France ?

Nous sommes ravis d’accueillir vos tabliers fabriqués dans les Vosges pour cette première édition de la Rue du Made in France. Nous vous souhaitons plein de succès !

 

Merci à Françoise Naudet pour cet entretien réalisé dans l’atmosphère intimiste du bar Chez Toi ou Chez Moi, rue Vertbois.

Vous souhaitez-en savoir plus sur La Rue du Made in France ? C’est juste ici.

Vous pouvez également consulter l’agence Savoir-French fondée par Françoise Naudet.

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